| 18 août 2005 - Le Journal de Montréal |
Par Yves Chartrand |
Faire de Kanasuta une aire protégée est un non-sens
« Faire de Kanasuta une aire protégée est un non-sens », dit le président de Pro-Spect-Or.
QUÉBEC - Se qualifiant comme « une entreprise avec une conscience écologique », le président de la minière
Pro-Spect-Or n'en estime pas moins que faire du territoire de Kanasuta une aire protégée est un non-sens économique.
Mario Drôlet, président de la compagnie qui a entrepris en juillet des travaux d'exploration minière sur les rives du lac Desserat,
convient que le territoire de Kanasuta est « très très beau » mais il est surtout situé sur la région
géologique - appelé la faille de Cadillac - la plus prometteuse au Québec en terme de gisements miniers.
« Il est très évident à mon avis que les avantages économiques l'emportent sur tous les autres. Ce serait un non-sens
de ne pas exploiter les ressources minières que l'on pourrait y trouver, notamment de l'or », dit-il.
« Si je découvre un gisement assez riche pour être exploité, j'aurai atteint mon objectif et j'en serais fier pour moi et pour
les gens de la région qui pourront y travailler. Il faut considérer le point de vue des affaires. »
La compagnie Pro-Spect-Or a entreprit à la fin juillet des travaux d'exploration sur le bord du lac Desserat qui ont provoqué la colère
des résidents, du groupe l'Action Boréale et du chanteur Richard Desjardins.
Ceux-ci négocient depuis des années le classement de Kanasuta comme aire protégée. Ils estiment que ce sont les compagnies
minières qui bloquent le dossier, bien assis sur leurs droits. M. Drôlet rappelle toutefois que les travaux qu'on lui reproche ont eu lieu sur un
terrain qu'il a acquis il y a moins d'un an et qu'il a obtenu tous les permis requis pour cette exploration.
« Si nous avons commis des infractions, nous allons apporter les correctifs que l'on nous demandera », soutient-il. De fait, la police
verte du ministère de l'Environnement a confirmé mardi que deux avis d'infraction avaient été émis à l'encontre de
l'entreprise.
Le président de l'entreprise indique que son entreprise ne fait que débuter son programme d'exploration. « Nous avons six ou sept
propriétés dans cette région et nous nous sommes engagés à investir un million de dollars sur une période de cinq
ans », précise-t-il.
Quant aux propriétés résidentielles qui pourraient se retrouver théoriquement au beau milieu des chantiers miniers au lieu de
collines vertes, M. Théôret convient qu'il y a un prix à payer.
« La plupart des habitations sont des résidences saisonnière seulement », dit-il.
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