| 23 mars 2005 - La Presse |
Par Charles Côté |
Forêts - Richard Desjardins demande de suspendre des coupes
Le chanteur, documentariste et militant
Richard Desjardins demande à
Québec de suspendre la coupe de bois
dans tous les futurs parcs.
« Seule cette mesure permettra de
conserver des territoires
représentatifs des différents
écosystèmes de chacune des
provinces naturelles du Québec, avant
que l'industrie les vide de leur valeur et
de leur essence », affirme M.
Desjardins au nom de l'Action boréale
en Abitibi-Témiscamingue, dans une
lettre adressée hier au ministre du
Développement durable, de
l'Environnement et des Parcs, Thomas
Mulcair, et à son collègue des
Ressources naturelles, Pierre Corbeil.
Les deux ministres doivent, selon lui,
décréter un moratoire sur la
coupe d'ici vendredi prochain, quand plus de
1000 contrats d'approvisionnement et
d'aménagement forestier seront
renouvelés. M. Desjardins et son
groupe lancent ainsi la première
salve d'une nouvelle manche dans la lutte
pour la préservation de la
forêt boréale au profit d'un de
ses habitants, le caribou des bois.
En effet, le Québec vient d'ajouter
le caribou des bois à sa liste des
espèces vulnérables. Cela
signifie que le gouvernement devra adopter
un plan de rétablissement de cette
espèce. Et le Bureau d'audiences
publiques sur l'environnement (BAPE) vient
de recommander de doubler la superficie
d'une réserve proposée en
Abitibi, fréquentée par une
harde de caribous des bois.
Dans son rapport, le BAPE estime que
« la précarité de
la harde de caribous forestiers de Val-d'Or
requiert la protection d'un territoire plus
vaste que celui de la réserve de
biodiversité projetée du lac
Sabourin ».
« Dans le cas du projet Sabourin,
le BAPE multiplie par deux fois et demie la
superficie que proposait le ministère
à l'origine, dit Henri Jacob, de
l'Action boréale. Le découpage
original était le fait de
l'opposition des compagnies
forestières. »
Selon lui, le troupeau local de caribou a
déjà pâti de
l'activité en forêt depuis une
quinzaine d'années. « En
1988, il y avait une cinquantaine de
bêtes, mais il en reste une trentaine,
dit-il. Avec les coupes, l'orignal est
entré et les prédateurs ont
suivi. Le caribou s'est fait
manger. »
Selon le BAPE, la protection d'une zone
suffisante pour préserver le troupeau
de caribous diminuerait de plus de 10 %
les réserves industrielles de bois de
toute la zone d'exploitation entourant
Val-d'Or.
Les cabinets de MM. Mulcair et Corbeil
n'étaient pas en mesure de
réagir à la lettre de M.
Desjardins hier.
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