26 octobre 2004 - Progrès-Dimanche
Forêt Cyriac, pas question de laisser faire
Chicoutimi - "Il est certain qu'il va se passer quelque chose.
Nous voulons poser des gestes qui sont dans les limites de la loi, mais s'il le faut, nous allons aller jusqu'à
occuper la forêt Cyriac."
Porte-parole régionale de l'Action boréale de l'Abitibi-Témiscamingue
(ABAT), Louise Gravel assure que des actions seront prises à très court terme pour éviter le
démantèlement de cette forêt centenaire. Mais le temps presse, car la machinerie devrait envahir la
forêt dès le début du mois de novembre.
En fait, on souhaite que le ministère des Ressources
naturelles en viennent à décréter un moratoire sur ce dossier et l'étudie davantage avant de faire
quoi que ce soit.
Devant la menace de la compagnie forestière Pluriforêt et Multiforêt d'entrer
dès le début du mois de novembre pour "bûcher" la forêt centenaire Cyriac, située à
l'ouest et au sud de la rivière du même nom dans la Réserve faunique des Laurentides, les membres de la
section régionale de l'ABAT et la population en général pourraient manifester et même occuper la
forêt pour éviter qu'on la saccage.
Au cours de la journée d'hier, une soixantaine de membres de
l'ABAT et des amants de la forêt ont effectué une marche dans la forêt Cyriac pour l'admirer, mais aussi
pour dénoncer les intentions de l'entreprise forestière de couper comme bon lui semble.
Durant un point de
presse, auquel a participé le chanteur et écologiste Richard Desjardins, on a laissé entendre clairement
qu'on ne laisserait pas les choses aller sans répliquer et sans dénoncer.
"J'espère fortement que nous
n'avons pas été les dernières personnes à marcher dans cette magnifique forêt de bouleaux
jaunes centenaires. Si on laisse entrer la compagnie forestière, elle va couper des arbres dès maintenant et
ce pour cinq ans. Il ne restera plus rien après.
"Cette forêt est l'un des derniers peuplements de bouleaux
jaunes et elle est situé à deux pas de la ville. Au lieu de la couper, on pourrait y faire un
développement récréo-touristique, car le potentiel est là", a lancé Louise Gravel.
Ardent
défenseur de la forêt boréale, le chanteur Richard Desjardins avoue qu'il est difficile de défendre
ce genre de dossiers, notamment face aux politiciens des municipalités qui vivent en partie de la
forêt.
"Il y a des fois où ils agissent comme des hommes de Cro-Magnon. Mais il s'agit d'une culture
d'entreprise. Ils ont peur de nous, même si nous sommes là pour identifier les aires à protéger et
cette ressource-naturelle.
"Il y a des villes qui vivent de la forêt, mais pour combien de temps encore? Le
niveau d'emploi est là à court terme, mais pas sur le long terme.
Il faut un grand rassemblement libre et
indépendant qui va travailler pour conserver quelque chose pour nos enfants", de dire Richard Desjardins.
Ce
dernier demeure convaincu qu'il y a des possibilités pour éviter que la forêt Cyriac ne soit rasée.
Il sait très bien que les choses ne se font pas du jour au lendemain, mais qu'il faut commencer quelque part, comme
cela s'est produit en 1989 à Senneterre.
"Il y a une manière intelligente de faire de la foresterie, cette
intelligence-là existe. Il s'agit de créer les conditions pour qu'elles puissent fleurir", ajoute M.
Desjardins.
|