

L’objectif de l’action boréale en Abitibi-Témiscamingue (ABAT) est de promouvoir la sauvegarde de la forêt boréale pour les générations futures.
L’organisme fait des représentations auprès du gouvernement et des industries forestières et minières dans le but d’améliorer leurs pratiques en forêt boréale. L’ABAT travaille notamment sur le dossier des aires protégées en Abitibi-Témiscamingue. Son action comporte trois volets principaux.
« Tous bénévoles. Nous tenons un petit bureau bien organisé à Rouyn-Noranda. (Et contrairement à la grande industrie minière et forestière, l’ABAT ne reçoit pas de subvention). Elle est financée par ses membres, par des spectacles bénéfice, par quelques dons. L’assemblée générale se tient à l’automne dans des communautés ou municipalités où nous prenons le temps de marcher dans le bois, se taper un bon méchoui, rire et chanter. Puis travailler sérieusement. »
Richard Desjardins
Bilan des dix dernières années
L’Action boréale a été fondée en 2000 par le regroupement des membres du REVE et des figures de proue de L’Erreur boréale. À la naissance de l’ABAT, les efforts fondamentaux ont été centrés sur le ministère de Ressources Naturelles. L’ABAT s’est concentré sur la remise en question des méthodes de gestion des ressources forestières. Avec le temps, l’ABAT a réussi à soulever un questionnement sur les enjeux de la forêt dans un contexte où le gouvernement avait perdu toute sa crédibilité en matière de gestion de la forêt. L’ABAT proposa des compromis. L’aboutissement de toutes ces démarches s’est soldé par la création de la Commission Coulombe qui a permis de mettre en lumière les résultats désastreux de l’exploitation des ressources forestières. Les recommandations de la Commission Coulombe ont réveillé la conscience de la population et des dirigeants. Mais depuis, on constate qu’il n’y a pas tant de changements sur le terrain.
La période comprise entre 2000 à 2007 est caractérisée par le dynamisme, avec le dépôt de trois mémoires au gouvernement du Québec, ce qui a mené au rapport Coulombe et à l’acceptation des projets d’Aires protégées.
Mémoires
De 2006 à 2010, il s’est produit un ressac. L’or a atteint une valeur de 800 $ et plus. Avec cette valeur, le territoire a été vite acquis par les acheteurs de claims miniers, ce qui a limité l’agrandissement des AP ou la création de nouvelles. Les actions des membres du CA se sont alors tournées vers les mines.
Les représentants du conseil d’administration (CA) de l’Action boréale procèdent de deux façons afin de faire avancer leur mission. Premièrement, le CA se donne comme responsabilité de mettre les gouvernements face à leurs réalités en soulevant des questionnements, en leur remémorant qu’il s’agit de leurs engagements, en leur montrant leurs écrits et en leur indiquant ce que l’ABAT attend de leurs actions. Le respect de la démocratie est de rappeler aux dirigeants de respecter leurs mandats et ce, en critiquant leurs démarches. Deuxièmement, le CA mise sur le pouvoir de contamination de leurs représentants au sein de divers comités.
« Un nouveau régime forestier est en train de voir le jour à Québec. Pour la première fois le concept de gestion écosystémique serait inscrit au cœur de la loi. À ce qu’il semble, les plans forestiers ne seront plus tracés par les compagnies mais - et enfin - par notre gouvernement et peut-être même par une instance régionale. Formidable, ça.... Cette richesse appartenant à tous, ce sont les forces émanant de tous qui s’y emploieront : secteur social (y compris les Autochtones), secteur économique, secteur environnemental. »
Avant d’enclencher tout projet d’exploitation d’une ressource naturelle, il faudra se demander: Premièrement, ce projet est-il viable pour l’environnement? Ensuite, est-il souhaitable pour la société? Et, finalement, est-il économiquement rentable? Au lieu de se demander simplement et toujours : « Y a-tu une piasse à faire avec ça? ».
Extrait de « L’action boréale de l’Abitibi-Témiscamingue fête ses dix ans, Richard Desjardins.