

Les impacts humains exercent des pressions croissantes sur l'écosystème boréal et certaines régions sont plus durement éprouvées que d'autres. C'est nettement l'intensité et l'association de ces pressions qui peuvent finalement, au fil des ans, mettre à l'épreuve la résistance de l'écosystème.
C’est pourquoi l’ABAT travail à la création d'un réseau d'aires protégées représentatif de la biodiversité. En encourageant le gouvernement à créer des aires protégées de plus grandes superficies ainsi que des corridors d’interconnections entre les aires protégées déjà existantes.
- Extrait de : Orientations stratégiques du Québec en matière d’aires protégées, MEDDP, 2011.
« Le 20 avril 2011, le gouvernement du Québec a adopté des orientations stratégiques qui permettront d’atteindre l’objectif de porter le réseau d’aires protégées à 12% de la superficie du territoire québécois en 2015, par la création de nouvelles aires protégées ou par l’agrandissement d’aires existantes. Au total, cette cible représente un réseau de plus de 200 000 km2 de territoire. »
« En octobre 2010, le Québec a pris part à la Conférence des Parties à Nagoya, au Japon, au cours de laquelle les 165 pays ayant ratifié la Convention sur la diversité biologique ont convenu d’augmenter respectivement à 10% et à 17% d’ici 2020 la superficie des zones marines et terrestres qui devront faire l’objet de mesures de protection. »
- Extrait de : Portrait du réseau d’aires protégées au Québec période 2002-2009, MDDEP

Répartition géographique des aires protégées, en brun, dans
les zones de végétation du Québec, en 2002

Répartition géographique des aires protégées, en orange, dans
les zones de végétation du Québec, en 2009
À l’intérieur de la zone de végétation boréale, on distingue la forêt boréale continue, constituée de peuplements relativement denses, soit de 40% à 80% de couvert dans les forêts matures. C’est dans cette forêt fermée que s’effectue l’utilisation commerciale de la forêt boréale.

Évolution des aires protégées dans la forêt boréale continue, de 2002 à 2009
« Les vieilles forêts – ou forêts mûres et surannées – ont longtemps constitué la matrice des paysages forestiers préindustriels dans la plupart des régions du Québec. Depuis le début du XXe siècle, l’exploitation forestière se concentre dans les massifs de vieilles forêts et tend progressivement à réduire leur abondance (Comité scientifique sur les enjeux de biodiversité, 2007).
En Fenno-Scandinavie, où l’historique d’exploitation des forêts est plus long, la raréfaction des vieilles forêts consécutives aux activités anthropiques a mis en péril des dizaines d’espèces soumises à ces stades de développement. Plusieurs études ont démontré que certaines espèces d’oiseaux, d’insectes, de champignons, de mousses et de lichens sont étroitement associées aux vieilles forêts (Martikainen et autres, 2000; Siitonen et Saaristo, 2000; Desponts et autres, 2004). L’exploitation forestière extensive des dernières décennies, qui vise à normaliser la structure d’âge en éliminant les forêts surannées (Gauthier et autres, 2008), a profondément modifié le portrait de l’âge des forêts. Le remplacement des vieilles forêts par de jeunes peuplements (inversion de la matrice) est préoccupant car il s’agit d’un changement majeur par rapport aux paysages historiques (MRNF, 2006).
Les portraits du paysage forestier préindustriel constituent une référence pour la mise sur pied des stratégies d’aménagement écosystémique (Varady-Szabo et autres, 2008... Le réseau d’aires protégées devrait comporter une proportion de vieilles forêts comparable à celle des paysages forestiers préindustriels. Ainsi le réseau d’aires protégées assurerait globalement une bonne représentativité de la composition et de la structure d’âges qui définissent ce paysage préindustriel. Cela signifie que le réseau devrait comporter une plus forte proportion de vieilles forêts que le paysage forestier actuel de la zone soumise à l’exploitation forestière. »